Ordinateur et Internet

 

Une présentation la plus pédagogique possible des supports techniques utilisées lors d'une connexion à Internet.

 

L'Internet, ce réseau mondial de communication qui fait tant parler, et qui fait parfois si peur, n'est, sur le plan technique, qu'une mise en communication d'ordinateurs qui se transmettent des données. Ce document vous propose une explication technique d'Internet en décrivant la transmission des données dans l'ordinateur lui-même, puis entre deux ordinateurs, puis entre plusieurs ordinateurs reliés en réseau.

A. Transmission des données à l'intérieur de l'ordinateur (rappel pour les débutants)

1 On peut coder des informations sous forme des signaux électriques et les transporter. Exemple: Je tape un texte sur le clavier de mon ordinateur ou je dessine avec la souris: l'information est traitée par le processeur et s'affiche sur l'écran.

2 Des supports (disquettes, par exemple) peuvent conserver un très grand nombre d'informations. Chiffres, textes, images, sons, tout ce que l'ordinateur a pu coder peut être stocké, puis rappelé à la demande. En raccordant deux ordinateurs par un câble, je peux exploiter sur l'un les données enregistrées sur l'autre.

3 Le codage consiste à découper une information en multiples petites parties élémentaires et à affecter à chacune de ces parties une valeur binaire, 0 ou 1, c'est à dire la présence ou l'absence d'un courant électrique. Si le découpage (on dit: l'échantillonnage) est assez fin, il devient transparent aux yeux de l'utilisateur, comme dans le cas des disques compact. On ne traite plus qu'une suite de nombre (ordre du codage et chiffre du code) : c'est ce que l'on appelle le traitement (et la transmission) numérique.

 

B. Transmission des données entre deux ordinateurs: Ordinateur et téléphone

1 Les fils du réseau téléphonique classique transportent déjà des signaux électriques sous la forme d'un courant dont l'intensité est proportionnelle à la voix humaine (on dit que la voix, par le micro, "module" le courant électrique du circuit téléphonique).

2 Mais le réseau téléphonique classique ne pourrait pas transporter tels quels les signaux numériques d'un ordinateur. Il faut donc les transformer en une modulation acceptable, ce qui se fait par l'intermédiaire d'un "modem", c'est à dire appareil qui module lorsqu'il envoie des signaux sur la ligne, et démodule lorsqu'il en reçoit pour les faire entrer dans l'ordinateur. Modulateur - démodulateur, en abrégé: "modem". N.B.: La "musique" des touches de numérotation des téléphones ainsi que le "bruit" des fax sont des exemples de modulation d'un codage d'information.

3 Si un correspondant, aussi éloigné qu'il soit, dispose lui aussi d'un modem, je peux donc connecter, par l'intermédiaire du réseau téléphonique, mon ordinateur et le sien, puis lui envoyer mes données et recevoir les siennes.

4 Dans les réseaux téléphonique classiques, les "fils" peuvent être relayés par des faisceaux d'ondes d'un relais hertzien à un autre, voire d'un relais à un satellite et du satellite à un autre relais. De plus, les réseaux modernes installent maintenant des voies spécialisées dans le transport de données numériques (Numéris en France).

 

C Transmission des données entre plusieurs ordinateurs: "Paquets" et réseau.

Depuis longtemps, les militaires se plaignaient de ce que leur schéma classique de transmission (tous les postes reliés à un poste central, un poste ne pouvant en appeler un autre que par l'intermédiaire du poste central) reposait sur un seul central dont la destruction paralysait tout le système. A leur demande, les chercheurs, utilisant les ressources de l'informatique, proposèrent, il y a une trentaine d'années, le concept de réseau. Ils en définirent les protocoles de transmission et commencèrent à l'expérimenter entre diverses universités.

Dans un tel réseau, (le mot réseau renvoie à filet, maille, etc.) tous les ordinateurs sont "branchés" entre eux, et retransmettent toute information qui ne leur est pas destinée. L'ordinateur qui veut émettre une information à destination d'un autre, va composer un "paquet d'information" comprenant l'adresse du destinataire, l'information elle même, l'adresse de l'expéditeur, puis, il va injecter ce "paquet" dans le réseau. Tous les ordinateurs branchés sur le réseau verront passer ce paquet, liront l'adresse du destinataire, déduiront que ce paquet ne les concerne pas, et ré-injecteront aussitôt le paquet sur le réseau. L'ordinateur destinataire, lui, gardera le paquet, et enregistrera l'information qu'il contient.

En pratique, la taille des paquets étant limitée, on peut découper l'information en plusieurs paquets qui, en plus des adresses, comporteront une note indiquant leur rang et le nombre total de paquets, permettant à l'ordinateur destinataire de reconstituer la totalité de l'information.

Le réseau peut varier en taille: il peut être local, comme dans un réseau d'ordinateurs dans une entreprise, national, comme dans le cas des centres de recherche scientifique en France, mais aussi être en réseau avec d'autres réseaux, européens, puis mondiaux.

A travers le principe de réseau, nous venons de décrire ce que l'on appelle le "NET", ce qui signifie "filet, maillage" en anglais.

 

D. "INTERNET"

Le réseau mondial existe donc depuis une vingtaine d'années, mais il était réservé jusqu'ici aux utilisateurs "institutionnels": universitaires, chercheurs, administrations, etc.

Depuis peu, des fournisseurs d'accès, ("providers", en Anglais) ont pu s'installer sur le réseau, et offrent à des particuliers la possibilité d'y entrer.

Moyennant un abonnement, un particulier disposant d'un ordinateur et d'un modem peut se connecter par l'intermédiaire de sa ligne téléphonique sur l'un des accès proposés par le fournisseur, et accéder directement au réseau, c'est à dire qu'il peut rechercher, lire, et enregistrer les informations de tous les disques durs offerts à la consultation publique sur ce réseau.

1 - Le "Web" (Toile d'araignée, en anglais)

Les informations proposées sur Internet sont toutes conçues selon le concept d'hypertexte. Il est important de s'arrêter un moment sur ce concept, développé dès 1945 par un mathématicien, Vanevar Bush, car il est à la base du principe de consultation des informations sur le Web. Il s'agit de dépasser les système de classements de documents utilisés habituellement dans les fichiers, les dictionnaires, ou les encyclopédies) pour "nouer, entre une information quelconque et n'importe quelle autre, des liens indépendants de toute classification hiérarchique. " (P. Lévy)

La conception des "C.D. ROM" est basée sur ce concept: quand, au cours de la lecture d'un document, j'amène, grâce à la souris de l'ordinateur, le curseur de l'écran sur un mot (ou sur un logo, ou sur une image) qui m'intéresse et que je "clique" sur le bouton de la souris, mon logiciel va lire des informations supplémentaires (des liens) que je ne vois pas, mais qui ont été programmées en "hypertexte" par l'auteur du document, et qui vont commander au logiciel de mon ordinateur d'aller chercher de nouvelles informations dans un autre document du C.D. ROM dont l'auteur pense qu'il contient des éléments qui pourraient m'intéresser. Je les verrais alors apparaître automatiquement sur l'écran.

Sur le Web, la recherche d'informations est construite sur le même principe que dans un C.D. ROM, mais, ici, les liens hypertexte commandent à mon ordinateur de me connecter automatiquement sur un autre ordinateur, n'importe ou dans le monde pourvu qu'il soit ouvert sur le réseau. Si je construit un site Internet consacré à l'astronomie, je peux prévoir des liens qui proposeront à mes visiteurs de les renvoyer automatiquement vers le site américain de la NASA, ou vers un site français du CNRS, etc. Notons bien que l'auteur de l'information est maître des liens hypertextes: c'est lui qui guide la recherche d'information du lecteur qui consulte son site.

Des logiciels de recherche, mis gratuitement sur le Web à la disposition des "Internautes", permettent, grâce à des mots clés, de rechercher les pages qui nous intéressent, puis de passer, grâce aux liens "hypertexte", d'une page à une autre, quelque soit le site ou les pages se trouvent: c'est ce que l'on appelle "surfer". Le "Web" devient alors une sorte de gigantesque kiosque mondial dans lequel je peux me promener "librement".

Les fournisseurs d'accès mettent à disposition de leurs abonnés une fraction de disque dur consultable sur le réseau, la "Page WEB" dans laquelle l'abonné peut "écrire" ce qu'il a envie d'offrir à la lecture de tous. (Le même système, mais en plus important et payant, est proposé à des entreprises qui veulent se faire connaître sur le réseau; les plus grosses entreprises financent elles-mêmes leur propre site: La Redoute, Canal +, la Fnac, etc.) Vous consultez actuellement ce texte sur une page "Web" personnelle.

2 - Le courrier électronique (e-mail, en anglais)

L'abonné à un fournisseur d'accès peut également utiliser le courrier électronique, le fameux e-mail. A l'aide d'un logiciel spécialisé, il dépose des messages destinés à son correspondant (dont il connaît l'adresse e-mail) sur le disque dur du fournisseur d'accès de ce correspondant (où qu'il soit dans le monde). A chaque connexion avec le fournisseur d'accès, l'abonné consulte sa boite à message (une portion du disque dur du fournisseur protégée par un code secret) et rapatrie les message sur son ordinateur.

L'adresse e-mail se compose du nom (éventuellement abrégé) de l'utilisateur, du nom de son fournisseur d'accès, et de l'indicatif du pays ou résident le fournisseur d'accès.

Voici un exemple d'adresse e-mail: fr.lespinasse@wanadoo.fr

"fr.lespinasse" est l'abrégé du prénom et du nom de l'utilisateur.

"@" est l'abrégé de l'anglais "at" et signifie "domicilié chez".

"wanadoo" est le nom du fournisseur d'accès.

"fr" signifie France.

Le courrier électronique est très pratique et très économique pour échanger des messages, mais aussi des documents que l'on "attache" au message: on peut, par exemple, envoyer un message à un correspondant en y attachant un ou plusieurs articles déjà enregistrés dans le disque dur sous le logiciel de traitement de texte habituel. Le correspondant "détachera" l'article du message et l'ouvrira avec son traitement de texte: il pourra alors l'imprimer ou le modifier comme s'il l'avait saisi lui-même. Cette fonction est très pratique pour un groupe de travail dont les membres éloignés doivent élaborer ensemble un texte commun.

Habituellement, les fournisseurs d'accès louent auprès des Télécom des lignes à grand débit pour relier leur ordinateur central à chaque grande ville. Le client paye un abonnement mensuel; lorsqu'il désire se connecter via son modem, il ne paye que la communication téléphonique avec la ville proche de son domicile.

Pour pallier à la lenteur des communications par modems sur les lignes du téléphone classique, il est possible techniquement de se connecter au nouveau réseau téléphonique "Numéris". Il est également possible d'utiliser les fibres optiques ou les câbles coaxiaux de certains réseaux de distribution de télévision par cable.

 

Le "Net" est maintenant une réalité, et son accès est de plus en plus facile. Mais la technique puissante qui le sous-tend ne permet pas de résoudre le problème qu'il pose, à savoir la sélection des innombrables informations, tant au niveau quantitatif qu'au niveau qualitatif. Le principe même de la transmission en réseau rend pratiquement impossible tout contrôle: la qualité des informations publiées et la pertinence des liens hypertexte qui en commandent l'organisation ne dépendent plus que de l'éthique de leur auteur. Si cette éthique vient à manquer, par bêtise, par emballement ou par perversité, la vérité ne peut plus compter que sur le discernement du lecteur, seul face à son écran.

C'est parfois beaucoup lui demander...

 

François LESPINASSE

Fev. 97

 

 

Bibliographie succincte

Information rapide mais complète sur le "net" et son histoire: "Internet" par Arnaud Dufour (Que sais-je ? 1996, n° 3073)

A propos du concept d'hypertexte: "Les technologies de l'intelligence", par Pierre Lévy (La découverte 1993)

A propos de l'informatique en général: "Dictionnaire de l'informatique", sous la direction de Pierre Morvan (Références Larousse 1996)

 

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